15/08/2014

Libre circulation et plein emploi

Quand je lis aujourd’hui ces chiffres, je reste perplexe :

« …Depuis l’entrée en vigueur en 2002 de la libre circulation des personnes avec l’union européenne, le nombre d’actif a progressé de 624'000 personnes. Près de la moitié (soit env. 312'000 personnes) étaient des immigrés et des frontaliers. Pour 2013, les personnes issues de l’UE se sont chiffrées à 66'200 personne en Suisse, un chiffre encore jamais atteint depuis l’introduction de l’accord sur la libre circulation…profitant surtout de l’arrivée de personnel qualifié. » (Observatoire sur la libre circulation des personnes)…

Comment ne pas faire le lien avec ces chiffres et le taux de chômage en Suisse (2.9%), a fortiori à Genève (5.4%) ? Je ne peux y ajouter les demandeurs d’emploi qui ne sont pas inscrits à l’office cantonal de l’emploi, mais probablement bénéficiant de l’aide sociale.

Il m’est difficile de croire qu’il n’y a donc aucune cause à effet. Il est évident que tous les postes à pourvoir dans notre pays ne peuvent être comblés uniquement par les personnes inscrites au chômage ou à l’aide sociale, mais probablement qu’une grande partie d’entre eux le pourrait. Ou alors, n’y a-t-il donc que des incompétents et des fainéants ? Je ne le pense pas et je parle en connaissance de cause.

De plus, on souligne que c’est une majorité de personnes dites qualifiées qui arrivent dans notre pays.

2014 étant l’année de la formation professionnelle et entendant certains discours du 1er août vantant notre « formation duale – apprentissage » que tous les pays nous envie. Cela me donne à réfléchir, cela m’inquiète même !

Devons-nous envoyer nos progénitures se former à l’étranger pour faire croire à leur retour qu’ils sont bien mieux formés que les « pauvres » bougres restés au pays ?
Comment devons-nous faire pour valoriser nos écoles, nos diverses formations ou nos apprentissages ?
Comment motiver nos enfants à poursuivre des études et formations si aux yeux des différents recruteurs ou responsables R.H. ils préfèrent continuer à engager des personnes venues de l’étranger, soit disant mieux formées ?

Ce que l’on ne dit pas c’est que ces personnes ne sont pas mieux formées que nos résidents, elles sont justes enclines à accepter un poste en deçà de leurs qualifications. En effet, quoi qu’il advienne, elles seront de toute manière bien mieux payées que dans leur pays. Il n'est pas nécessaire d'avoir fait l'ENA pour constater qu'un frontalier voit son pouvoir d’achat se multiplier par 4.

Un exemple parmi d'autres :

Une infirmière à Paris touche en moyenne 1'650 Euros/mois contre 5'700.- CHF/mois à Genève… Pas besoin de vous faire un dessin !

21:05 Écrit par Ana Roch dans Air du temps, Genève, Humeur | Lien permanent | Commentaires (0) |  Imprimer | |  Facebook | | | |

28/07/2014

Que des apprentis sages !

Il y a quelques mois en date du 14.05.2014, je remerciais par le biais du Courrier des lecteurs de la TDG les PME qui avaient le courage d’engager des apprentis avec un cursus scolaire chaotique.

Les jeunes qui ne sont pas issus du haut du panier en sortant du cycle d’orientation ou d’une classe dite de transition (préparatoire, CTP) et qui sont confrontés lors de la recherche d’une place d’apprentissage à un nombre d’obstacles pour la plupart insurmontables.

Sans parler des CV, lettres de motivations, voici que certaines associations faîtières ont décidé d’exiger que les candidats potentiels passent le test « EVA ». Il s'agit d'un test d’évaluation en deux parties; une partie dédiée au français et la deuxième aux mathématiques. Ce qui en soit ne paraît pas sans fondement et permet d’avoir une pièce supplémentaire dans le dossier du candidat. Mais c’est sans compter son aspect vicieux, ces jeunes doivent obtenir un certain pourcentage de réussite pour pouvoir être engagés. C’est donc un test de sélectif et éliminatoire !

Je vous laisse imaginer qu’un nombre d’entre eux ne font qu’effleurer ce seuil de réussite. Du coup toutes les portes des apprentissages se ferment.

Un grand nombre de grandes enseignes appliquent ceci et pour des métiers bien différents : SIG, Migros, Pharmacie, etc.

De plus, le DIP, vient de rehausser la note (4.8 à 5) permettant de bénéficier des pseudos passerelles pour changer de regroupement au Cycle d’orientation.

C'est purement scandaleux ! Encore une fois, on ne vise qu'à favoriser l’élite. C’est, il paraît, pour limiter les redoublements !

Voilà donc le genre de solutions « pansements » que le DIP mets en place et laisse faire …

Il vaudrait mieux se poser les bonnes questions :

  • Pourquoi peut-on tout au long de la scolarité obligatoire passer ces années, même si l’élève n’est pas promu ?
  • A quoi servent les normes de promotions si celles-ci ne sont pas respectées ?
  • Pourquoi autant de jeunes restent-ils sur le carreau ?

Et bien non, les socialistes de la Ville de Genève ne trouvent pas mieux que de vouloir injecter des millions pour les places d’apprentissage !

Laissez-moi rire, c’est à l’Hospice qui va falloir venir en aide. En effet, tous ces jeunes qui ne trouveront pas d’apprentissage, il faudra bien à un moment ou un autre en prendre conscience. Ces gosses qui à 16 ans se retrouvent complètement déscolarisés et qui n'ont pas un niveau assez élevé pour trouver une place d'apprentissage, qui trainent dans la rue faute d’occupation.

Eh bien c’est à l’Hospice que l’on va les retrouver car on le sait bien le manque de formation est une des premières causes de chômage.

Cela ne sert strictement à rien de verser des sommes aux entreprises si elles ne peuvent pas engager qui elles souhaitent. Cela ne servira à rien, si l'on n’allège pas les nouvelles normes d’encadrement pour les apprentis. Elles sont bien trop lourdes à gérer pour des PME. On a l’impression qu’elles ont été établies pour et par l’UBS, la Migros ou la Coop. Ces grandes boites qui ont les finances foisonnantes pour engager du personnel uniquement dédiés aux apprentis. A contrario, demandez aux PME, par exemple à une fiduciaire, où il n’y a que le patron et un/e apprenti/es, comment peuvent-elles assumer ces normes?

En conclusion réfléchissons mieux avant de dépenser des millions, il a des solutions plus intelligentes. Parce que sinon, c’est dans les encadrants sociaux qu’il va falloir investir.

Trouvons des solutions de formation, à l’instar du Canada qui s’est rendu compte que ces gamins qui sont restés sur le bord du chemin ont de peine à rester en apprentissage pendant 3 ou 4 ans. Le gouvernement à mis en place une formation en 18 mois axée principalement sur des cours professionnels en lien au métier. Eh bien, ça marche ! Il y a plus 80% de réussite.

Ne pourrions-nous pas faire quelque chose de la sorte à Genève ?

 

A moins que quelque uns y voient-ils un certain intérêt, pour ne pas dire un intérêt certain…

08:41 Écrit par Ana Roch dans Air du temps, Genève, Humeur | Lien permanent | Commentaires (3) |  Imprimer | |  Facebook | | | |