16/02/2018

L’école des hypocrites

La récente décision du Conseil d’Etat de limiter l’accès des élèves domiciliés hors canton à la scolarisation genevoise n’en finit pas de susciter l’émoi, notamment chez certains qui seraient bien inspirés de mesurer leurs propos.

Au nom du Grand Genève, qui, telle une incantation, est asséné chaque fois qu’il s’agit de tirer la couverture à soi, le Maire de Saint-Julien Antoine Vielliard fustige le “caractère ordurier d’une telle politique discriminatoire” (rien que cela). Pour lui, Genève doit assumer ses “rêves délirants de croissance”.

http://portevoix.blog.tdg.ch/archive/2018/02/14/effectifs-scolaires-que-geneve-assume-ses-reves-delirants-de-289723.html

N’est-ce pourtant pas le même détective amateur qui se poste à la douane franco-suisse et qui photographie les plaques genevoises des véhicules de passage afin de débusquer ces faux résidents genevois qui habitent clandestinement en France? Ce type de démarche ne procède-t-elle pas de la conviction que l’on doit déclarer où l’on vit réellement et en assumer les conséquences logiques?

Cela ne devrait-il pas être le cas pour la scolarisation des enfants? Ceux-ci ne devraient-ils pas naturellement tisser des liens avec les camarades de leur quartier? Cette “France voisine” ne devrait-elle être que le dortoir des travailleurs genevois, sans vie sociale aucune à leur lieu de domicile? Est-ce la commune dont rêve M. Vielliard?

Tiens...les grands principes, comme le Grand Genève, s’évaporeraient-ils devant les saintes finances du Saint-Julien?

Et d’invoquer la libre circulation...Merveilleux! Depuis quand les accords bilatéraux imposeraient-ils d’accueillir les élèves du pays voisin? A quoi peuvent bien servir les 300 millions annuels versés par Genève aux départements de l’Ain et de la Haute-Savoie sinon précisément pour contribuer aux infrastructures nécessaires à l’accueil des nouveaux habitants qui travaillent dans notre canton?

Pour Monsieur Vielliard, il faudrait déclarer sa résidence en France pour permettre d’encaisser la rétrocession sur l'impôt à la source, il faudrait y dépenser son salaire (une masse salariale globale de 9 milliards de francs), bénéficier d’un coût de la vie favorable, mais scolariser ses enfants à Genève, de surcroît dans la commune de son choix, sur le chemin du travail...

Michel Charrat, du Groupement transfrontalier européen, y va également de son couplet, alléguant un droit à la scolarisation “bafoué”... (Le Courrier 15.02.201). Car chacun sait que la l'éducation nationale française est sinistrée et que les diplôme délivrés n’ont aucune valeur. A se demander ce que trop d’employeurs genevois y trouvent encore.

Enfin, période électorale oblige, l’UDC, d'habitude si prompt à ériger la frontière en tant que marqueur politique, s’allie aux groupements frontaliers pour parler de “discrimination”...Certes cette décision s’appliquera bientôt également aux Suisses et Genevois domiciliés en France, et non seulement aux frontaliers titulaires d’un permis G. Mais est-ce à ce point inconcevable de demander à la France, qui tire largement profit de l’essor économique de Genève, de faire en sorte que ses habitants, quelle que soit leur nationalité, puissent scolariser leurs enfants dans de bonnes conditions sur son territoire? Est-ce normal que des enfants ne puissent nouer avec leurs camarades de classe que des liens de “jours ouvrables” pour le confort de leurs parents? Cela ne s’appelle pas de la discrimination, mais du bon sens.

10:05 Écrit par Ana Roch dans Air du temps, Genève, Humeur | Lien permanent | Commentaires (0) |  Imprimer | |  Facebook | | | |

03/01/2018

Arrêtons d’envoyer les jeunes dans une impasse !

Actuellement, de plus en plus de jeunes sont écartés du système scolaire et n’arrivent pas à trouver un apprentissage. Ils sont écartés, vont d’échec en échec, se mettent à zoner et se retrouvent finalement à l’aide sociale.

Trop souvent, les solutions relèvent du bricolage au travers de structures peu efficaces.

Le coût humain est considérable, le coût financier pour le contribuable assurant l’aide sociale ne l’est pas moins. Et pour la société genevoise c’est une bombe à retardement.

De nombreux milieux éducatifs ou sociaux ont pris conscience de ces difficultés mais cela ne suffit pas. Il faut s’attaquer aux causes réelles du problème.

Un ensemble de mesures concrètes et précises doivent être prises rapidement. D’abord, l’éducation obligatoire laisse à désirer et ne transmet pas suffisamment de connaissances de base, ce qui nuit aux élèves peu scolaires.

Ensuite, le niveau d’accès à l’apprentissage est beaucoup trop élevé avec une spécificité genevoise (le test EVA français-math) qui, quoi qu’en disent certains, est bel et bien éliminatoire pour de nombreux jeunes. Cette exclusion de la formation duale (entreprise-école) crée de nombreux problèmes sociaux en poussant des jeunes dans la marginalité.

Enfin, les exigences imposées aux entreprises qui forment un apprenti sont dissuasives pour de nombreuses PME et sont adaptées uniquement aux grandes structures. Nous devons intervenir au niveau fédéral afin d’assouplir l’actuel carcan mais également utiliser la marge de manoeuvre laissée au niveau cantonal afin d’encourager les entreprises formatrices. Actuellement, on les décourage.

Avec l’actuelle rigidité, on écarte de nombreux jeunes autant du monde du travail que de la société alors que nous devrions avoir une politique inverse.

La politique de formation professionnelle doit être profondément modifiée à Genève. Ce n’est pas en éliminant les jeunes habitant notre canton que l’on créera la cohésion sociale nécessaire.

C’est ainsi que le canton de Genève se retrouve avec l’un des plus bas taux de jeunes entrant en apprentissage mais un nombre considérable de jeunes adultes à l’aide sociale. Sans un changement profond de certaines méthodes, on n'arrivera pas à proposer une formation professionnelle de qualité pour le plus grand nombre.

Ana Roch, candidate MCG au Conseil d’Etat.

10:22 Écrit par Ana Roch dans Air du temps, Genève, Humeur | Lien permanent | Commentaires (0) |  Imprimer | |  Facebook | | | |

10/12/2017

Changement d'horaire 2017, la ligne 28 est parti sous d'autres cieux !

maxresdefault.jpgLe 10 décembre 2017, le changement horaire des transports en commun dans toute la Suisse fut mis à exécution dès quatre heures le matin ; trains, funiculaires, bus, trams, bateaux, tous sont concernés. L’événement est historique, salutaire parfois pour rectifier, voire étoffer certains horaires existants. Ce cap annuel profite également à la mise en service de nouveaux tronçons ferroviaires (le CEVA dans deux ans par exemple), à la mise en service de nouveaux types de trolleybus, (le TOSA cette année à Genève pour la ligne 23), etc …

La ligne 23 disais-je ? Parlons-en de cette ligne, celle qui permettait depuis l’Aéroport de rejoindre Carouge en passant par la grande virgule des Tours du Lignon. Qui n’a jamais pesté un jour sur cette perte de temps qui constituait à desservir un point du réseau non prioritaire, peu utile à ceux qui devait quotidiennement traverser une bonne partie du canton urbain ? Aujourd’hui c’est fait, le TOSA doit être véloce et donc, finit la promenade aux Tours du Lignon, mais à quel prix.

Hélas, celui d’avoir mis l’après Vernier-Village au rang de simple village de campagne, car la ligne 28 est partie sous d’autres cieux. Peu achalandée effectivement, elle restait cependant chère aux nombreux clients des quartiers des environs de la route de Peney, de Canada et de l’usine de Givaudan, un gros contributeur du canton. Résultat au matin du 10 décembre, terminé la relation directe avec les installations aéroportuaires genevoises. Rupture de charge, correspondances à Renfile ou Brandonnet avec la 23, 28 (qui assure à son tour le passage aux Tours-du-Lignon) ou la 57. On imagine très bien ces correspondances, fort sympa l’hiver, dans les frimas, les mains pleines de bagages.

Plus sérieusement, comment est-il pensable que les stratèges de la planification des horaires aux TPG aient pu, d’un simple trait de crayon, biffer une desserte directe aussi importante pour une population dense du coin de ce canton, sans rappeler les désagréments causés à des dizaines de collaborateurs ou de visiteurs économiques se rendant toute l’année à Parfumerie, l’arrêt de Givaudan. Au-delà d’une incompréhension louable, nous sommes en droit de penser qu’une certaine incompétence semble régner à l’étage des horaires des TPG pour oser graphiter un réseau de la sorte, sans consultations préalable. Certes, l’alchimie qui conduit à dessiner un réseau, le plus fonctionnel possible, est souvent gage de prouesse, mais ici, dans le cas qui nous occupe, il n’y a pas autre chose à penser qu’il s’agit ici d’un acte de sacrifice, ni plus ni moins.

Autre question incontournable, comment les autorités de la commune de Vernier, informées avant tout le monde sur les changements apportés, n’aient jamais montré le moindre étonnement face à cette radicalité, que les administrés verniolans pourraient assimiler aisément pour une action punitive.

Cette situation est de faite inacceptable, surtout qu’elle peut se corriger sans le moindre mal, à savoir, que la ligne 53, au lieu de bifurquer tout de suite après ICC en direction de Louis Casaï, peut parfaitement continuer sa route jusqu’à la gare CFF de l’aéroport, et à nouveau rebrousser chemin en direction de Tour-de-Contrôle et reprendre enfin l’avenue Louis Casaï et rejoindre l’arrêt De-Joinville. Ça n’a pas posé de questions particulières à la ligne 23 et ses Tours-du-Lignon pendant des années ?

Pour rectifier la ligne 53, le moment d’une pétition courroucée est venu, signez là.

Ana Roch

Présidente du Mouvement Citoyens Genevois

Conseillère municipale de la Ville de Vernier

17:36 Écrit par Ana Roch dans Air du temps, Genève, Humeur | Lien permanent | Commentaires (0) |  Imprimer | |  Facebook | | | |

22/12/2015

« Syndrome de la promotion Focus » ou « qu’au cours de sa vie, tout individu tend à atteindre son niveau d’incompétence », Peter

 

Nous ne pouvons que pointer du doigt après les graves débordements et les multiples déprédations lors de la manifestation « annoncée » mais belle bien interdite de la nuit de samedi à dimanche. Cette violence venant de cette ultra-gauche, infiltrée par les "Black Blocs", est inadmissible et elle n’a pas trouvé de réponse particulièrement déterminée de la part de l’Etat.

Qui sont ces personnes, hostiles aux institutions, masquées et vêtues de noir ? Prudents, à l’instar des «Black Blocs», ils évitent en général toute action coordonnée mais ils communiquent toutefois par l'intermédiaire de sites d'information ou de socialisation. Leur action se veut spontanée, hors cadre syndical ou politique. Ils ont une haine radicale des forces de l'ordre. Hier, nous pouvions lire sur certaines façades de Genève « Bute ce flic dans ta tête ».

Quelles sont les motivations de ces partisans d’actions radicales ?

S’attaquer aux succursales de banques, vitrines de magasins symbole de la haute économie. Ces groupes qui appellent aux manifestations sauvages arrivent à faire déplacer un grand nombre de personnes, y compris de l’étranger qui entend faire entendre une autre voix anticapitaliste, antipolicier, antiriche et accessoirement pour notre république anti-Maudet. Et par la manière forte, puisque toujours selon le site renverse.ch qui revendiquait dimanche : «Il est inexact de dire que la manifestation du 19 décembre a «dégénéré», les personnes qui ont participé aux affrontements savent très bien ce qu’ils faisaient et contre quoi ils se battent»

Peut-on délibérément croire que ce genre de manifestation peut amener à une prise quelconque de conscience sur le manque ou les coupes budgétaires concernant les lieux pour la culture alternative ou un retour au squat Rinho ? J’ai bien peur qu’au final elle ne soit plutôt contre productive puisque même l’Usine ou le mouvement La Culture lutte se désolidarise de tels agissements et regrettent que leur nom ait été utilisé. En espérant que ces dernières disent la vérité et ne jouent pas un double jeu, ou au pompier pyromane.

Que fait la police ?

Cette phrase est répétée à l’envi par la population genevoise déconcertée, emplie de honte à la découverte de l’ampleur des dégâts.

Cette manifestation a été annoncée sur le site www.renverse.ch et sur les réseaux sociaux, voir relayé activement par des députés sur Facebook.

N’était-il dès lors pas possible aux forces de l’ordre d’intervenir plus tôt pour empêcher les débordements?

Et pourtant nos policiers étaient là, peu nombreux semble-t-il. Présents pour protéger et servir. Mais frustrés, en colère parce que l’Etat-Major ne les a pas laissé agir. Et ce, même quand l’uniforme d’un officier prend feu ou que deux autres sont blessés. Et leur Autorité politique, Monsieur Pierre Maudet, dit attendre des explications sur les débordements. Mais n’est-ce pas à lui et à la cheffe de la police, Mme Monica Bonfanti, de prévoir, organiser et anticiper ces débordements ? Lors de menaces terroristes nous l’avons suffisamment entendu sur le devant de la scène pour rappeler ô combien il croyait avoir tout sous contrôle

Sur le site renverse.ch l’appel aux casseurs type BlackBlock se faisait depuis une semaine et il semblerait que depuis jeudi la couleur destructrice de cette manifestation était bien coordonnée. L’Etat-Major, n’a-t-il donc pas eu connaissance des ses intentions émanent des acteurs de ce mouvement ? Nos agents sur le terrain ne semblent pas avoir été préparés, au constat de leur frustration et de leur colère. Il est inconcevable que nos gendarmes soient mis en danger, hélas, c’est ici une des conséquences de la nouvelle loi sur la police. Il y a moins de 50 gendarmes en faction la nuit à Genève. Par ailleurs, ils doivent limiter les heures supplémentaires et les aspirants sont en formation.

Maintenant, il va falloir réparer, panser et surtout chiffrer les innombrables dégâts occasionnés sur les bâtiments publics et les commerces privés. Je rappelle qu’aucune arrestation n’a été effectuée à ce jour, des investigations sont cependant en cours pour identifier les casseurs. Sur toutes les images et vidéos diffusées au lendemain de cette nuit désastreuse pour un Etat démocratique, ce ne sont que des plans furtifs sur des ombres noires encagoulées qui inscrivent à tort et à travers des commentaires infantiles et complètement contradictoires.

Ce qui est certain, ce sont les atteintes à l’image du canton et de la région, dont la portée ne se calcule pas, dont les conséquences économiques et politiques seront certainement à la hauteur des préjudices subits de toutes part.

Un éveil républicain ne serait pas que de trop.

 

18:25 Écrit par Ana Roch dans Air du temps, Genève, Humeur | Lien permanent | Commentaires (0) |  Imprimer | |  Facebook | | | |

22/09/2015

Quand les images surpassent les mots !

La photo de ce petit Aylan, relatant le terrible vécu des migrants ballotté d’un pays à l’autre pour échouer sur les bords de la Méditerranée avec les plaintes des diverses organisations caritatives et leurs plaidoyers. Au cours des années passées nous avons déjà pu constater qu’une image bouleversante à souvent bien plus de poids que les mots. 

Indubitablement s’en est trop ! 

Toute l’Europe s’est senti soudainement solidaire d’une tragédie, qui quoique quotidien, n’avait, semble-t-il pas réussi jusque là, à déchirer la cuirasse de certains égoïstes. 

Nous pouvons constater que chaque pays ne réagi pas de la même façon, l’histoire, la culture et le caractère de chacun en est pour responsable.

Prenez l’Allemagne, elle doit encore redorer son blason. La tragédie de l’Holocauste pèse encore de tout son poids sur la politique allemande. Mme Merkel en s’intronisant protectrice des réfugiés, donne à ses partenaires européens une bonne leçon d’humanité. Penses-t-elle qu’un tel geste permettra d’effacer les remugles pestilentiels de xénophobie et de racisme qui ont terni la politique de son pays ou cela ne part que du meilleur sentiment ?

Pour la Suisse ce n’est pas la même chose, la tragédie des migrants ou réfugiés les a touché, cela doit venir de sa longue tradition d’accueil qu’elle se doit de préserver.

Europe chrétienne, l’image de Marie et Joseph fuyant l’Egypte mettant au monde le petit Jésus dans une étable doit leur sauter aux yeux quand elle voit les hordes de réfugiés fuirent à leur tour les différentes persécutions émanant de leur pays. Comment voulez-vous que ce sentiment de compassion ne naisse pas !

Le problème surgit quand on quitte le domaine de l’affecte pour aborder les questions politiques. Les principes de Mère Thérésa ne permettent pas de diriger un Etat ! On peut le regretter mais c’est un état de fait. 

Le cœur ne suffit pas, hélas, à résoudre les questions d’ordre politiques. Il es même parfois un mauvais conseil dans ce domaine. N’est-ce pas celui-ci qui a conduit, avec raison, à l’élimination de Saddam Hussein, de Kadhafi ou à évincer Bachard el-Assad qui provoque la déstabilisation des pays dont sont originaire les malheureux migrants dont nous pleurons tous leur sort. Et oui, n’en déplaise à certains, le monopole du cœur n’appartient pas à la gauche tout comme celui de faire la guerre en est celui de la droite. Ne pourrions nous pas nous demander s’ils fuient la misère et la guerre ou s’ils viennent demander des comptes  à ceux qui en sont responsables.

Ce drame qui se joue sous nos yeux et dont nous nous sentons impuissant à le résoudre va probablement prendre en otage les candidats aux élections nationales. Nul doute que ce soit un des enjeux.

« C’est la raison qui fait l’homme, c’est le sentiment qui le conduit » - J.-J. Rousseau

19:24 Écrit par Ana Roch dans Air du temps, Genève, Humeur | Lien permanent | Commentaires (0) |  Imprimer | |  Facebook | | | |