03/01/2018

Arrêtons d’envoyer les jeunes dans une impasse !

Actuellement, de plus en plus de jeunes sont écartés du système scolaire et n’arrivent pas à trouver un apprentissage. Ils sont écartés, vont d’échec en échec, se mettent à zoner et se retrouvent finalement à l’aide sociale.

Trop souvent, les solutions relèvent du bricolage au travers de structures peu efficaces.

Le coût humain est considérable, le coût financier pour le contribuable assurant l’aide sociale ne l’est pas moins. Et pour la société genevoise c’est une bombe à retardement.

De nombreux milieux éducatifs ou sociaux ont pris conscience de ces difficultés mais cela ne suffit pas. Il faut s’attaquer aux causes réelles du problème.

Un ensemble de mesures concrètes et précises doivent être prises rapidement. D’abord, l’éducation obligatoire laisse à désirer et ne transmet pas suffisamment de connaissances de base, ce qui nuit aux élèves peu scolaires.

Ensuite, le niveau d’accès à l’apprentissage est beaucoup trop élevé avec une spécificité genevoise (le test EVA français-math) qui, quoi qu’en disent certains, est bel et bien éliminatoire pour de nombreux jeunes. Cette exclusion de la formation duale (entreprise-école) crée de nombreux problèmes sociaux en poussant des jeunes dans la marginalité.

Enfin, les exigences imposées aux entreprises qui forment un apprenti sont dissuasives pour de nombreuses PME et sont adaptées uniquement aux grandes structures. Nous devons intervenir au niveau fédéral afin d’assouplir l’actuel carcan mais également utiliser la marge de manoeuvre laissée au niveau cantonal afin d’encourager les entreprises formatrices. Actuellement, on les décourage.

Avec l’actuelle rigidité, on écarte de nombreux jeunes autant du monde du travail que de la société alors que nous devrions avoir une politique inverse.

La politique de formation professionnelle doit être profondément modifiée à Genève. Ce n’est pas en éliminant les jeunes habitant notre canton que l’on créera la cohésion sociale nécessaire.

C’est ainsi que le canton de Genève se retrouve avec l’un des plus bas taux de jeunes entrant en apprentissage mais un nombre considérable de jeunes adultes à l’aide sociale. Sans un changement profond de certaines méthodes, on n'arrivera pas à proposer une formation professionnelle de qualité pour le plus grand nombre.

Ana Roch, candidate MCG au Conseil d’Etat.

10:22 Écrit par Ana Roch dans Air du temps, Genève, Humeur | Lien permanent | Commentaires (0) |  Imprimer | |  Facebook | | | |