22/09/2015

Quand les images surpassent les mots !

La photo de ce petit Aylan, relatant le terrible vécu des migrants ballotté d’un pays à l’autre pour échouer sur les bords de la Méditerranée avec les plaintes des diverses organisations caritatives et leurs plaidoyers. Au cours des années passées nous avons déjà pu constater qu’une image bouleversante à souvent bien plus de poids que les mots. 

Indubitablement s’en est trop ! 

Toute l’Europe s’est senti soudainement solidaire d’une tragédie, qui quoique quotidien, n’avait, semble-t-il pas réussi jusque là, à déchirer la cuirasse de certains égoïstes. 

Nous pouvons constater que chaque pays ne réagi pas de la même façon, l’histoire, la culture et le caractère de chacun en est pour responsable.

Prenez l’Allemagne, elle doit encore redorer son blason. La tragédie de l’Holocauste pèse encore de tout son poids sur la politique allemande. Mme Merkel en s’intronisant protectrice des réfugiés, donne à ses partenaires européens une bonne leçon d’humanité. Penses-t-elle qu’un tel geste permettra d’effacer les remugles pestilentiels de xénophobie et de racisme qui ont terni la politique de son pays ou cela ne part que du meilleur sentiment ?

Pour la Suisse ce n’est pas la même chose, la tragédie des migrants ou réfugiés les a touché, cela doit venir de sa longue tradition d’accueil qu’elle se doit de préserver.

Europe chrétienne, l’image de Marie et Joseph fuyant l’Egypte mettant au monde le petit Jésus dans une étable doit leur sauter aux yeux quand elle voit les hordes de réfugiés fuirent à leur tour les différentes persécutions émanant de leur pays. Comment voulez-vous que ce sentiment de compassion ne naisse pas !

Le problème surgit quand on quitte le domaine de l’affecte pour aborder les questions politiques. Les principes de Mère Thérésa ne permettent pas de diriger un Etat ! On peut le regretter mais c’est un état de fait. 

Le cœur ne suffit pas, hélas, à résoudre les questions d’ordre politiques. Il es même parfois un mauvais conseil dans ce domaine. N’est-ce pas celui-ci qui a conduit, avec raison, à l’élimination de Saddam Hussein, de Kadhafi ou à évincer Bachard el-Assad qui provoque la déstabilisation des pays dont sont originaire les malheureux migrants dont nous pleurons tous leur sort. Et oui, n’en déplaise à certains, le monopole du cœur n’appartient pas à la gauche tout comme celui de faire la guerre en est celui de la droite. Ne pourrions nous pas nous demander s’ils fuient la misère et la guerre ou s’ils viennent demander des comptes  à ceux qui en sont responsables.

Ce drame qui se joue sous nos yeux et dont nous nous sentons impuissant à le résoudre va probablement prendre en otage les candidats aux élections nationales. Nul doute que ce soit un des enjeux.

« C’est la raison qui fait l’homme, c’est le sentiment qui le conduit » - J.-J. Rousseau

19:24 Écrit par Ana Roch dans Air du temps, Genève, Humeur | Lien permanent | Commentaires (0) |  Imprimer | |  Facebook | | | |