28/04/2015

EVA et alors ?

Il y a des situations qu’il est primordial de porter à votre connaissance. Ces situations aux quelles les doyens des CTP, Centre de transition professionnelle, et les jeunes en recherche d’apprentissage se trouvent confrontés et qui ne manqueront pas de vous interpeller pour autant que vous soyez, un tant soit peu, intéressé par l'intégration professionnelle des jeunes en difficultés scolaires ou en rupture.

Chaque année, dans les CTP une grande partie des situations d'intégration se trouvent péjorées pour une seule raison : l'augmentation par les associations professionnelles de la norme de réussite au test EVA (EVA est composé d'une épreuve de français et d'une épreuve de mathématiques. Le test évalue les connaissances et les compétences scolaires des candidats dans ces deux disciplines, sur la base des attentes de fin de scolarité obligatoire.)

En effet, les métiers d’assistant-e-s en pharmacie, d’assistant-e-s dentaires, commerce de détails, ou les métiers liés à l’électricité (monteur, installateur) pour ne parler que de ceux-ciont durci la norme (seuil du % de réussite) pour l'entrée en formation initiale.

 Nous voilà avec des élèves, qui ont fait un stage de longue durée rémunéré, que les patrons veulent engager, qui ont su convaincre par leurs qualités et personnalité, qui ont parfois déjà signé le contrat de formation, empêchés de démarrer leur formation à la rentrée prochaine pour un manque de points en français ou en mathématique.

Nous pouvons bien inventer les systèmes scolaires que nous voulons si plusieurs années de travail sont ruinées par la simple décision de relever de10-15% le taux de réussite au test.

Nous n'avons ainsi plus aucune chance de placer en entreprise des jeunes compétents dans l'activité mais qui restent fragiles scolairement.

Depuis plusieurs années on tente de réformer l’école alors que, depuis plusieurs années, les associations patronales doivent laisser le libre choix aux employeurs d'engager les profils adaptés à leur pratique en tenant compte de la globalité de l'employé (ou apprenti). Ne pas se fier uniquement au niveau math et français.

Chacun se rend compte que ces deux compétences sont importantes mais ne font pas un employé completLa réflexion  doit aussi se faire là, au niveau patronal. L’intégration dans le monde du travail est en fonction des places disponible et la barrière des tests devient de plus en plus infranchissable.

Le bilan selon un doyen de ces écoles sur une semaine (11 sur le canton) env. 45 personnes qui l'an dernier auraient été engagées et qui ne le seront pas uniquement pour une raison Un test devenu plus sélectif !

Ecole qui reçoit  environ 400 élèves parant, majoritairement en provenance du CO et qui seraient en rupture sans cette possibilité dannée supplémentaire. Brochure de ces établissements que vous pouvez trouver sur http://edu.ge.ch/ctp/

En résumé L’augmentation des normes issues du test EVA empêche des jeunes capables d’entrer et de réussir leur formation.

Si on ajoute la décision constitutionnelle d’une formation obligatoire jusqu'à 18 ans...

On marche sur la tête !

 

D'autantque j’ai un bon exemple concret de réussite en apprentissage pour un élève qui n'a pas réussi ce test et qui n’étant pas engageable sur le canton de Genève. Mais qui par chance l’a été sur le canton de Vaud (il suit toutes ses écoles sur Genève partageant les élèves ayant atteints le seuil de % de réussite imposés par les associations faitières, encore une Genferei).

J’ai l’espoir que cet état de fait puisse être relayer et que des actions, interpellations puissent être envisagées afin dexprimer ces craintes auprès des personnes compétentes. 

La réussite scolaire n’assure pas de devenir un bon employé. Un bon universitaire n’est pas forcément un bon avocat, un bon médecin ou un bon enseignant.

On sélectionne sans tenir compte du besoin de l’entreprise ou des qualités globales dun postulant.

Le test, qui n’est pas remis en cause, devrait être formatif et informatif et  non  certificatif ou sélectif. Celui-ci indique un préavis, un état fiable des prérequis. Le chef  d’entreprise pourra choisir en connaissance de cause son employé sans obligation de réussite imposé par l’association patronale.

L’évaluation du risque lors de lengagement  appartient à l’employeur sans menace ni contrainte.


10:50 Écrit par Ana Roch dans Air du temps, Genève, Humeur | Lien permanent | Commentaires (0) |  Imprimer | |  Facebook | | | |

15/04/2015

Honorons le Bénévolat !

 

 

 

 

De manière générale, la pratique du sport est actuellement encouragée. Les valeurs qu'elle véhicule et les bienfaits qui en découlent expliquent un tel engouement. Au-delà de l'apport au plan individuel, nous pouvons affirmer que le sport joue un rôle sociétal important, notamment en ce qui concerne sa dimension éducative et de son aspect récréatif (le "défouloir"). Il existe de réelles opportunités d'intégration sociale par ce biais. En effet, de nombreuses études ont révélé l'impact positif du sport sur les mécanismes participatifs à la vie communautaire.

Par exemple :

ü  Amélioration de sa qualité de vie

ü  Facilité d’intégration par la langue française grâce à l’appartenance à un groupe et donner la possibilité de mieux connaître la géographie genevoise

ü  Augmentation de la cohésion sociale, communautaire et familiale

ü  Meilleure estime de soi et plus grande confiance en soi

ü  Réduction des comportements antisociaux

ü  Elargissement des réseaux sociaux par l’augmentation des interactions

ü  Opportunités de mobilité sociale

ü  Apprentissage de la vie collective dans un cadre normé

ü  Découverte simultanée de la distribution des rôles sociaux

ü  Initiation aux valeurs de justice et d’égalité, conjuguées à l’esprit du fair-play.

ü  Acceptation de la défaite, développement du respect de "l’adversaire"

ü  Maîtrise de soi

Par mon implication dans le comité du FC City, j’ai eu la chance de pouvoir tester et attester de ces bienfaits. En effet, nous avons mis en place, grâce à un entraîneur (éducateur de profession) un programme d'intégration de jeunes désirant pratiquer le football.

 

Ces jeunes sont des primo arrivants à Genève. L'objectif est de leur offrir la possibilité de rencontrer d'autres jeunes au travers d'une activité sportive.

Dans un premier temps, nous évaluons la progression du joueur. Ensuite, il peut demander sa qualification pour faire partie de l'équipe lors du championnat officiel. En s'inscrivant au club, le joueur signe une charte « bonne conduite » et ainsi s'engage à respecter des règles précises de comportement envers ses coéquipiers et l'entourage de l'équipe (arbitre, entraîneur, parents,...).

Pour vous citer un exemple, nous avons accueilli un début de championnat deux jeunes récemment scolarisés en classe accueil au sein d’un établissement genevois. Ils ont pu rejoindre une équipe de juniors. Aujourd’hui, un, de ces joueurs fait d'ailleurs partie du contingent et peut participer au championnat. En effet, les démarches de qualification ont été faites rapidement. Il est parfaitement bien intégré à l'équipe. Il est largement apprécié de ses coéquipiers et le staff technique.

Pour l'autre joueur,  s'il le désire, sa qualification se fera pour le début de la saison prochaine.

Ce cheminement est bénéfique à plusieurs titres. D'une part, il facilite une réelle intégration sociale pour le jeune grâce à la possibilité de l’orienter vers un club de foot genevois. D'autre part, il permet d’intégrer plus rapidement l’apprentissage du français en ayant la possibilité de se faire des amis.

A noter que ces démarches sont récentes et sont le fruit d'expériences et négociations mises en place depuis plusieurs années.

Ce projet a été présenté au Conseil administratif sortant qui n’a pas considéré ceci comme un réel aspect social et n’a pas voulu entrer en matière. Mauvaise appréciation, puisque ce projet a été reconnu par le B.I.E. (Bureau pour l’Intégration des Etrangers). Cette organisation officielle a contribué par le biais du subvention à la pérennité de ce programme.

Ceci n’est qu’un exemple d'expériences conduites au sein des diverses associations et/ou collectif d’habitants.

En tant que présidente de la commission des sports, tout au long de cette législature, j’ai pu prendre conscience de l’investissement des bénévoles dans le sport comme dans d’autres activités et des retombées et influences positives sur le « mieux-vivre ensemble ». Il est temps de reconnaître ce travail et d’y mettre les moyens adaptés et nécessaires.

Il est primordial de soutenir à hauteur de leurs engagements l’ensemble des bénévoles des clubs sportifs et autres associations de notre commune. Faute de quoi, à force de trop tirer sur la corde ils vont s’essouffler.

Je vous rappelle les paroles de Madame Calmy-Rey, laquelle relevait :

« En Suisse, un quart des habitants effectue une activité bénévole. Les 1,7 millions d’heures de travail non payés effectuées en 2010 par les 70'000 bénévoles dans tout le pays correspondent à une prestation de 50 millions de francs. Le travail bénévole doit être reconnu et honoré. Il est certes gratuit, mais pas sans valeur !»

 

 

18:38 Écrit par Ana Roch dans Air du temps, Genève, Humeur | Lien permanent | Commentaires (2) |  Imprimer | |  Facebook | | | |